Les Français n'ont jamais autant pédalé, et les usagers vulnérables n'ont jamais payé un aussi lourd tribut. C'est le paradoxe que met en lumière le bilan définitif 2025 de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).
Trois chiffres qui résument l'année 2025
Derrière ces pourcentages, il y a des vies : 235 cyclistes tués en 2025 (11 de plus qu'en 2024) et 1 200 blessés graves en EDPM (trottinettes électriques, gyroroues, hoverboards…), soit 38 % de plus en un an. Le nombre de blessés graves en EDPM augmente sans interruption depuis 2019.
Un poids sans commune mesure avec leur part du trafic
Cyclistes et utilisateurs d'EDPM représentent 10 % des tués sur les routes, mais 24 % des blessés graves et 36 % des blessés qui garderont des séquelles un an après leur accident. Autrement dit, le vélo tue moins souvent que la voiture, mais ses accidents laissent des traces durables : fractures, traumatismes crâniens, arrêts de travail prolongés.
Pourquoi l'accidentalité progresse plus vite que la pratique
La hausse de la pratique n'explique pas à elle seule celle des blessés. Plusieurs facteurs se cumulent :
- De nouveaux usagers, peu formés. Beaucoup de salariés se sont mis au vélotaf, au vélo à assistance électrique (VAE) ou à la trottinette sans jamais avoir appris à circuler en ville. On passe son permis pour conduire une voiture, pas pour rouler à 25 km/h au milieu du trafic.
- Des engins plus rapides. Un VAE ou une trottinette électrique atteint vite 25 km/h. Les autres usagers anticipent mal ces vitesses, et un choc à cette vitesse est plus violent.
- Une cohabitation encore difficile. Angles morts des poids lourds, portières, intersections, pistes partagées : les situations à risque sont connues, mais les bons réflexes restent peu diffusés.
- Un équipement inégal. Casque, éclairage, visibilité : l'équipement progresse mais n'est pas encore généralisé, en particulier chez les utilisateurs d'EDPM.
Infrastructures et réglementation progressent
Les pouvoirs publics réagissent. Les aménagements cyclables se multiplient, et la réglementation se durcit pour les EDPM. Depuis le 7 août 2026, un arrêté de la préfecture de police rend le casque et un équipement rétroréfléchissant obligatoires pour les utilisateurs d'EDPM à Paris et dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne (amende de 135 € sans casque). Des obligations comparables existent déjà à Nice, dans les Alpes-Maritimes, à Amiens ou au Touquet, et une proposition de loi nationale est en discussion.
L'usage croît plus vite que la culture de sécurité. Le maillon manquant reste le même : la formation des usagers.
Le maillon manquant : former les usagers
Pistes cyclables et casques obligatoires ne suffisent pas si l'usager ne sait pas repérer l'angle mort d'un bus, anticiper une ouverture de portière ou adapter sa vitesse à une chaussée mouillée. La prévention la plus efficace est celle qui agit sur les comportements, avant le premier kilomètre.
Les entreprises sont particulièrement bien placées pour agir : une grande partie des déplacements à vélo et en EDPM sont des trajets domicile-travail ou des déplacements professionnels. Beaucoup d'entre elles encouragent déjà ces mobilités (forfait mobilités durables, flotte de vélos, parkings). Il leur reste à en accompagner la sécurité.
Trois leviers simples pour une entreprise
- Faire l'état des lieux : qui vient à vélo ou en trottinette, sur quels trajets, avec quel équipement ? Notre diagnostic gratuit en 18 questions permet de situer votre politique en quelques minutes.
- Sensibiliser et former les collaborateurs aux situations à risque et aux bons réflexes, en ligne et sur le terrain.
- Mesurer et suivre : taux de participation, progression des connaissances, retours d'incidents, pour ajuster la démarche dans la durée.
Votre entreprise a-t-elle intégré les nouvelles mobilités à sa démarche de prévention ?
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